NIFF : Nouvelles révélations de Chris Carters sur la saison 10


Publié le 06/07/2015


Chris Carter, invité du NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival), à Neuchâtel, révèle au Matin.Ch des infos inédites sur le tournage de la nouvelle saison de "The X-Files" :
 
Chris Carter, bienvenue à Neuchâtel. Est-ce que la région vous inspire au point d’y tourner, un jour, un épisode de «X-Files»?
 
(Rires.) Je ne suis là que depuis vingt-quatre heures. Il faudra me poser la question à la fin du festival. Mais venir en Europe vous donne une perspective sur la vie tellement différente. Forcément, ça inspire.



Le tournage des nouveaux épisodes a débuté il y a un mois. Comment ça se passe?
 
On vient de finir de tourner le 2e épisode, ce qui veut dire qu’on en a encore quatre à faire. On vient de trouver notre rythme de croisière. Ça prend un peu de temps pour s’échauffer. Pendant que je suis ici, tout le monde prend une petite pause. Et la semaine prochaine, nous retournons à Vancouver.
 
Qu’avez-vous ressenti quand vous avez retrouvé toute l’équipe la première fois?
 
C’était tellement naturel, comme si le temps ne s’était pas écoulé. C’est une réunion de famille. Tout le monde est plus âgé, a acquis plus ou moins d’expérience, a des enfants… C’est merveilleux. C’est comme la vie. Le passage du temps fait pour moi partie de la joie que je ressens à me relancer là-dedans. C’est une continuation.
 
Qui a eu l’idée de ressusciter «X-Files»?
 
C’est la 20th Century Fox. Mais je crois que le fait que les acteurs voulaient revenir a aussi beaucoup compté. Mon impression est que ce n’était pas une décision qui a été prise juste pour une question de business. Quand j’ai appris la nouvelle, je me suis dit que c’était le bon moment pour le faire, qu’il y avait une bonne atmosphère et qu’une saison de six épisodes était un bon format.
 
Le bon moment, c’est-à-dire?
 
Le monde a beaucoup changé depuis que nous avons terminé la série en 2002. Ce qui me plaît, c’est de raconter des histoires dans ce contexte de politique américaine et internationale. Les nouveaux épisodes auront un esprit WikiLeaks.
 
Ça parlera d’ovnis ou de monstres?
 
Des deux.
 
Mulder et Scully seront-ils en couple?
 
On répondra à cette question dans le premier épisode. Alors, patience. (Il sourit.)
 
«Twin Peaks» va aussi revenir, tout comme «Prison Break» ou «Heroes». N’est-ce pas un peu facile de recycler des séries?
 
Oui! Je suis sceptique à l’idée de remettre à l’écran des séries connues. Concernant «X-Files», ce n’est pas du recyclage, c’est une renaissance.
 
Au début des années 1990, comment vous est venue l’idée de «X-Files»?
 
Je me suis inspiré de tellement de choses que j’ai regardées quand j’étais enfant: «Alfred Hitcock présente», «La quatrième dimension», une série appelée «Night Gallery» (ndlr: inédite ici). Et puis il y a «Dossiers brûlants» («Kolchak: The Night Stalker»), qui était la chose la plus effrayante que je n’avais jamais vue. J’ai aussi été inspiré par «Le silence des agneaux». Quand le film est sorti, je l’ai trouvé fantastique! Si Gillian Anderson a les cheveux roux quand elle incarne Scully ce n’est pas une coïncidence: c’est une référence à Clarice Starling, le personnage joué par Jodie Foster.
 
Les fans causent beaucoup d’un tweet du compte de «X-Files»: «7.7.15». Si c’est une date, c’est demain. Que se passera-t-il?
 
C’est bien une date promotionnelle: il restera 201?jours avant la diffusion du premier des nouveaux épisodes. Durant ce laps de temps, chaque jour un épisode sera visible sur Internet.
 
Qu’est-ce qui se passera après les six épisodes?
 
Je crois que ça dépend uniquement du succès. Le désir d’en faire plus est présent. Mais nous devons faire du bon travail. Continuer à en faire, je devrais dire.
 
Vous ne travaillez pas sur d’autres projets?
 
Pas pour l’instant, non.
 
Mais ça serait au cinéma ou à la télévision?
 
Je crois que dire que le cinéma et la télévision sont interchangeables est une idée fausse. Beaucoup d’acteurs de cinéma font des séries parce qu’il y a énormément de bonnes histoires. Mais un épisode, en général, ça reste 8 jours de tournage, alors qu’un film c’est entre 60 et 100?jours. Avec un film, on tente de réaliser un chef-d’œuvre sur le moment, alors qu’une série c’est sur la durée que ça peut se faire. Si vous mettez, par exemple, «True Detective» au cinéma, je ne crois pas que ça serait le hit que ça a été.
 
Quelles sont vos séries de référence actuelles?
 
L’excellente «The Fall», avec Gillian Anderson. J’aime aussi «House of Cards», «Mad Men», un chef-d’œuvre, et j’ai découvert une série française intéressante, «Les témoins».
 
Au NIFFF, demain, vous participez à un colloque sur le cliffhanger. Quelle est la bonne manière de conserver le suspense?
 
Il faut arriver à faire en sorte que le téléspectateur revienne pour avoir la réponse à la question. C’est difficile, car il faut que ce soit malin et original, mais c’est aussi amusant.
 
Il y en aura dans les nouveaux épisodes?
 
On verra…