Explosion de la Toungouska : le mystère subsiste après 107 ans. Hypothése extraterrestre ?


Publié le 02/07/2015


Le célèbre magazine Forbes a décidé cette semaine de réaliser un long article sur le cas de Toungouska qui demeure inexpliqué plus d’un siècle plus tard.



Gigantesque explosion dans le ciel
 
Durant la matinée du 30 Juin 1908 vers 7h15, une grande boule de feu a traversé le ciel au-dessus de la taïga, à Toungouska (ou Tunguska) qui est une région située en Sibérie centrale.
 
À Kirensk, à 400 km, des observateurs évoquent une "colonne de feu".
 
La boule aurait explosé à une altitude comprise entre 5 et 10 kilomètres au-dessus de la rivière Toungouska pierreuse.
 
Une série d'explosions a suivi le passage de la boule et fut entendu dans le village éloigné d’Achajewskoje. Plusieurs stations météorologiques en Europe ont enregistré les deux ondes de pression sismiques et atmosphériques.
 
Des perturbations auraient été observées à plus de 1500 km du lieu d'impact, des couchers de soleil inhabituels très colorés et une luminosité exceptionnelle en pleine nuit ont été signalés dans de nombreux pays ainsi qu'en Europe de l'Ouest, en Scandinavie et en Russie.
 
Des milliers de tonnes de poussières ont créé un énorme nuage qui a assombri le ciel de Californie, quinze jours plus tard.
 
Les habitants de ces régions lointaines du crash pensaient que le ciel s'était embrasé. Des baromètres localisés en Angleterre détectèrent l'onde de choc atmosphérique.



Un retentissement mondial
 
Les journaux russes ont signalé un impact de météorite dans la région et les médias internationaux ont quant à eux spéculé sur une éventuelle explosion volcanique, comme lors de l’éruption du Krakatoa en 1883.
 
Néanmoins, l'inaccessibilité de la région et la situation politique instable de la Russie à cette époque empêchaient toute investigation des étrangers.


Expéditions et recherches
 
Treize ans après l'incident, le minéralogiste russe Leonid Kulik Alexejewitsch (de l'institut météorologique de Russie et de l'académie des sciences soviétiques) mena une première expédition ordonnée par Lénine.
 
Il se rendit sur les lieux avec la certitude que l'explosion était due à une météorite entrée en collision avec la Terre. Arrivé sur le site, il remarqua que les troncs des pins étaient déracinés par milliers.
 
En explorant le périmètre de l'aire dévastée, il constata que les cimes des arbres étaient toutes tournées dans la direction opposée à celle d'un lieu qu'il pensait être le foyer de l'explosion.
 
À 65 km au nord de Vanara où l'épicentre a pu être localisé, les arbres sont restés debout et ébranchés. Il ne découvrit à cet endroit aucun cratère de l'explosion, ni de fragments.
 
Il aurait songé à récupérer des métaux précieux extraterrestres à partir du site d'impact.
 
Kulik s’est aussi rendu dans la ville de Kans, où il a étudié les rapports relatifs à cet événement à l’aide des archives locales.
 
Beaucoup de récits ont fait référence à de grandes boules de feu, des flammes ainsi que d’une séquence de quatorze « tonnerres ».
 
C’est en Mars 1927 qu’il arriva à l'avant-poste de Wanawara et que le 13 Avril, il découvrit une grande superficie d'environ 830 miles carrés couverts avec des bûches en décomposition.
 
Après avoir ratisser le secteur, Kulik et son équipe n’ont repéré aucun cratère, mais ils découvrirent quelques fosses circulaires formant de petits cratères produits par des fragments d'impact. Il faut noter qu’aucuns matériaux météoritique n’a été découvert sur le site.
 
À l'automne 1927, un rapport préliminaire a été publié par Kulik dans différents journaux nationaux et internationaux.


Hypothèses probables
 
Kulik a formulé l'une des premières hypothèses pour expliquer à la fois les rapports et le manque de preuves sur le terrain : il suggéra l’hypothèse de l’explosion d'un solide objet extraterrestre dans l'atmosphère, provoquant les effets observées (explosions, dévastations).
 
En 1934, les scientifiques soviétiques ont proposé une variante de la théorie de Kulik. Ils évoquèrent l’hypothèse qu’il aurait pu s’agir d’une comète, et pas d’une météorite.
 
Les comètes, essentiellement composées de glace, se seraient complètement vaporisées lors de l'impact, ne laissant aucune trace derrière.
 
Au fil du temps, beaucoup d'autres théories ont été proposées pour expliquer l'absence apparente de cratères dans la région ou de matière extraterrestre.
 
En se basant sur les expériences menées dans le cadre des explosions des premières bombes atomiques, l'ingénieur Aleksander Kasantsews a développé, entre les années 1945 et 1959, une explication inhabituelle qui suppose une explosion nucléaire d'origine extraterrestre.
 
En 1973, les physiciens américains ont proposé dans la revue « Nature » selon laquelle un petit trou noir aurait pu entrer en collision avec la terre, provoquant une sorte explosion.
 
L'astrophysicien allemand Wolfgang Kundt et plus tard Jason Morgan Phipps de l'Université Cornell à Ithaca ainsi que Paola Vannucchi de l'Université de Florence ont proposé une hypothèse au cours des dernières années : le Verneshots, le dégagement de méthane.
 
Il s’agirait d’une éruption volcanique causée par l'accumulation de gaz en profondeur. Un tel phénomène peut être assez puissant pour dégager une quantité extrême de matière.
 
Cité par l'auteur du roman intitulé « Voyage au Centre de la Terre », les Verneshots sont des mélanges de magma et de gaz qui éclatent violemment dans les souterrains.
 
En se basant sur cette théorie, on peut supposer que les zones possédant une épaisse croûte ou composées de roches dures (la région de Tunguska est couvert par les basaltes épais de Sibérie) sont plus susceptibles de laisser échapper des gaz dans l'atmosphère, provoquant une explosion visible.
 
L'explication la plus convaincante concernant le cas de Toungouska reste pour l’instant celui du crash d'un objet extraterrestre naturel.
 
Cette idée est soutenue par les rapports d’observations décrivant une boule de feu en train de se diriger vers la toundra.
 
Cependant, on note certaines incohérences quant à l’hypothèse extraterrestre.
 
Par exemple, la série de tonnerres entendue est difficile à expliquer avec un seul impact.
 
En outre, les sédiments récupérés sont explicables par la contamination des sédiments par d’autres explosions antérieure d’astéroïdes.
 
Selon l'enquêteur russe Valery Uvarov, chef de département des sciences de St Petersbourg, la gigantesque météorite n'a pas percuté la terre, car elle a été détruite en haute altitude, non par son entrée dans notre atmosphère, mais parce qu'elle a été interceptée par une technologie extraterrestre qui aurait généré de l'énergie électromagnétique et produite d'immenses " boules de lumières ". Cette hypothèse reste tout de même issue de pure spéculation.
 
Un certain professeur Weber faisait état d'une forte perturbation géomagnétique observée dans un laboratoire de l'université de Kiel en Allemagne.
 
Le phénomène dura pendant les trois jours qui précédèrent l'intrusion de la météorite de Toungouska et prit fin dans l'heure même où le bolide explosa au-dessus du plateau central sibérien.
 
À la mine de Stepanovsky (non loin de la ville d'Yuzhno-Eniseisk), un séisme est advenu trente minutes avant la chute de la météorite et un témoin de l'événement, posté près d'un petit lac, sentit le sol trembler sous ses pieds.
 
En 1994, Alexandre Rempel, chercheur de Vladivostock qui a enquêté sur l'affaire de la Toungouska et les ovnis, disparaît en même temps que ses dossiers et archives recueillis sur ce cas.
 
Des spécialistes d'une revue scientifique russe estimaient en 1984 que la zone de Toungouska, s'avérait être une " zone géomagnétique à part sur la planète ". Elle était qualifiée " d'anomalie magnétique de la Sibérie orientale ".

 
En 2007, Luca Gasperini et son équipe de recherche de l'Université de Bologne ont proposé que le petit lac de la région, le lac Cheko, peut-être le cratère d’un fragment qui a causé l’explosion de Tunguska.
 
Le Lac Cheko est exceptionnellement profond pour une région connue pour ses étangs peu profonds, qui sont formés par la fonte superficielle du pergélisol.
 
À ce stade, il est probable que seule la découverte de matériel extraterrestre à l’intérieur du lac serait la preuve irréfutable et nécessaire pour résoudre le mystère de Tunguska.
 
Deux épisodes de la célèbre série « The X-Files » intitulés « Toungouska » se déroulent en partie dans ce lieu rempli de mystère.
 
Dans le premier épisode, au service des douanes d'un aéroport américain, un homme transporte une valise dont le contenu est maladroitement renversé par les douaniers. S'en échappe un liquide noir qui semble animé d'une volonté propre et pénètre les corps des vivants.
 
Dans le second épisode, Scully est contrainte de révéler les opinions de l'agent Mulder devant une commission. Alors que, de son côté, il est fait prisonnier d'un goulag dont les dirigeants soumettent les prisonniers à d'étranges expériences.