La combustion humaine spontanée

Il est terrifiant de se dire que le corps humain, telle une torche, peut prendre feu subitement !

A travers les siècles de nombreux cas ont été répertorié. Le plus ancien (connu) remonte le 04 avril 1731 en Italie. Actuellement, on estime une cinquantaine de cas chaque année dans le monde.

Mais que veut dire le terme combustion humaine spontanée ?

On parle de combustion humaine spontanée (CHS) le fait de découvrir un corps massivement carbonisé et réduit en cendres sans incendie à proximité. Généralement, seules quelques extrémités du corps sont épargnées.

Pour rappel

une crémation d’un corps demande 3h d’incinération à une température de 2500° C. Le corps se retrouve alors en cendres mais parfois quelques os subsistent.

Il est donc difficilement concevable d’expliquer comment, dans des pièces généralement closes, une température de 2500°C peut être atteinte pour réduire un corps en cendre sans toutefois, mettre le feu aux environs. 

Quelques cas réels au travers de l'histoire

Le 1er cas connu : La comtesse Cornelia Bandi (62ans) en Italie le 04 avril 1731 a été retrouvée au petit matin massivement carbonisée sans incendie autour du corps à l’exception de traces de suies sur les murs. On y retrouva que ces 2 jambes et un morceau de sa boite crânienne. Le dossier sera classé à l’époque par le magistrat et le légiste, fautes d’explications.

Le 3 Juin 1782 à Caen, une demoiselle fût découverte carbonisée. Le chirurgien chargé d’étudier le corps nota : « « Le sommet de la tête gisait sur un des chenets, à quarante-cinq centimètres du feu. Le reste du corps gisait de travers, en face de la cheminée, et n'était plus qu'une masse de cendres. Même les os les plus solides avaient perdu leurs formes et leur consistance ».
 

Le 12 mai 1977 à proximité de Toul, Ginette Kazmierczak fût aussi retrouvée carbonisée. 


Vers 3h du matin sa voisine de palier se réveilla à cause d’une forte odeur de fumée. 


Les pompiers arrivèrent rapidement sur place. Le corps fût retrouvé derrière la porte d’entrée, du moins ce qu’il en restait. Il n’y avait plus que les jambes et le bras droit. Tout le reste n’était plus que cendres. Seul le plancher sous corps présenta des traces d’incendie.


Le cas Mary Reeser. Son corps fût retrouvé dans son fauteuil. Il y avait de la suite au plafond, le tapis à proximité du canapé avait brulé. Mais rien de plus. 

La tête de Mme Mary Reeser était dans le fauteuil complètement carbonisé et réduit à la dimension d’une balle de tennis. Un morceau de la colonne vertébrale ainsi qu’un bout du pied furent aussi retrouvés. 

Le docteur Krogman, spécialiste des décès par le feu à l’université de médecine de Pennsylvanie, enquêta sur ce drame. « C’est la chose la plus stupéfiante que j’ai jamais vue. Je ne peux imaginer une crémation aussi complète sans plus de dommages dans la pièce, ni une réduction d’un crâne humain. »
 
Remarque : sous l’effet de la chaleur, le crâne humain tend à grossir ou à exploser mais pas à se réduire.                                                        

La présence de suie dans l’appartement de Mary Reeser indique que le corps s’est lentement consumé. Etonnant lorsque l’on sait qu’il faut 3h à 2500°C pour réduire le corps en cendres…

A Londres, Le cas de Bailey fut décrit par le pompier qui est intervenu sur le lieu du drame. 

Il n’y avait aucun signe de dégâts apparent dû à un incendie. C’est une fois rentré dans la maison, il y découvrit le corps d’un SDF du nom de Bailey. 

Celui-ci avait mordu à pleines dents la rampe d’un escalier. Ce qui indique qu’il était vivant lors de la combustion.  Il avait une fente de 10 cm sur l’abdomen et des flammes en sortaient. Pour le pompier, il ne fait aucun doute que les flammes se sont déclarées à l’intérieur du corps.


Quelles sont les différentes possibilités de combustion d’un corps humain ?

(Dans la plupart des cas cités ci-dessous, le squelette est reconnaissable)
 
Combustion par inflammation : il faut un hydrocarbure qui sera à l’origine de l’inflammation.  Les vêtements sont les premiers à prendre feu. Le corps se retrouve carbonisé superficiellement. Il n’est pas réduit en cendre et le squelette est reconnaissable.

Combustion par incendie : le corps est calciné partiellement ou totalement carbonisé. La globalité du squelette reste reconnaissable. Sauf dans le cas d’un incendie très intense du milieu environnant.

La crémation d’un corps : il faut 3h à 2500°C pour réduire en cendres un corps humain.

Une combustion électrique : La  victime est instantanément brulée de manière très grave et dans le pire des cas, calcinée et figée. Le squelette reste reconnaissable.

En reprenant nos différents cas de CHS ci-dessus, on notera que les victimes sont toujours seules au moment du drame et dans un environnement clos. 

Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il n’y a personnes à proximité (appartement voisin comme le cas de Ginette Kazmierczak). Mais pourquoi les victimes n’appellent-elles pas au secours ? Ou pourquoi n’hurlent-elles pas ? Y aurait-il une incapacité de réactions qui survient avec la CHS ?


On notera que la plupart du temps les CHS ont lieu en période froide. Y a-t-il une source calorifique à l’origine de ces combustions ? Un feu de cheminée, une cigarette allumée, une bougie allumée ?


Malgré ces possibilités, la température de 2500°C est difficilement explicable et surtout pourquoi le feu ne se propage-t-il pas à l’environnement ?


La question qu’on peut se poser est si c’est 2500°C sont bels et bien atteint, nous devrions trouver des objets fondus… Ce qui n’a jamais été le cas !

Chronologie des études scientifiques sur le sujet

1854 : Tardieu étudie la combustion sur différentes parties du corps humain. Il démontre que les endroits les plus graisseux se consument totalement.

1908 : Krogman évalue une température de 1650°C dégagée lors d’une autocombustion d’un corps humain durant 7h.

1961 : Thurston indique que sous certaines conditions un corps humain se consumera par combustion lente dans sa propre graisse en provoquant peu voir aucun dégâts aux objets environnants. C’est combustion n’est pas spontanée mais induite par une source de chaleur externe au corps. Le corps inanimé devient une proie en présence d’une flamme si l’oxygénation est appropriée.

1965 : Gee démontre qu’une température de 250°C est nécessaire pour enflammer la graisse humaine. Cette graisse fournit elle-même de la chaleur. L’expérience d’une mèche de coton trempée dans la graisse humaine peut brûler par combustion lente mais quand la température de la graisse descend à 24°C


Les expériences de Gee 

Le tube à essai de Gee : un tube à essai cylindrique de 20 cm de long (en pyrex) servant de tuteur est entouré par de la graisse humaine. L’ensemble est enveloppé par une couche de peau, puis recouvert par un fin vêtement. Le tout est enflammé à une extrémité. En moins d’une minute, ce modèle commence à se consumer lentement, en produisant une petite flamme jaune et fumeuse. Sans discontinuité, le cylindre ainsi formé est totalement consumé au bout d’une heure.


Un autre schéma de Gee a été expérimenté : un gigot est entièrement recouvert d’un linge en coton. En allumant une extrémité, l’ensemble, en position horizontale, se consume lentement et totalement, en dégageant de la suie et quelques flammes jaunâtres et fumeuses. Il ne reste qu’un tas de cendres. L’os est profondément calciné mais on reconnaît sa forme. L’expérience est renouvelée, mais le linge ne recouvre que la moitié du gigot. L’extrémité recouverte est allumée. Cette partie se consume comme précédemment. Mais, l’auto-combustion s’arrête lorsqu’il n’y a plus de linge, et l’autre moitié du gigot reste relativement intacte.

(Gee D.J., A case of « spontaneous combustion », Medecine Science and the Law, 1965, vol 5, 37-38)

Conclusion

Grâce aux expériences scientifiques, nous avons enfin compris le processus d'autocombustion d'un corps humain. 

Il faut pour que cela se produise 2 facteurs : 
- un corps inanimé
- une source calorifique à proximité. 

Ensuite intervient un mécanisme biochimique, post-mortem, lent et constant semblable à celui de la combustion d'une bougie et qui s'arrête en l'absence de vêtements.

Dans tous les cas, et pour de nombreuses personnes, ce phénomène restera un phénomène surnaturelle.